golf de Tosse

Golf de Tosse

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    golf de Tosse   

 

J’ai assisté à la quatrième réunion du « dialogue teritorial, celle de Tosse le 29 mars dernier.Avant cela ,je n’avais qu’une connaissance très vague du projet et ma perception était très générale.N’étant ni membre d’une association directement concernée,ni golfeur moi-même, je ne me sentais concerné qu’à un titre très général,comme électeur et contribuable d’un village de la communauté M.A.C.S. d’abord mais aussi,tout de même , en raison de mon intérêt profond pour tout ce qui fait la substance matérielle et immatérielle, passé et avenir mêlés,d’un pays auquel je me sens ataviquement attaché .

Je comprends un peu mieux les tenants et aboutissants de cette affaire maintenant sans bien sûr tout en savoir :je n’ai pas lu les nombreuses pages de l’étude de la FFG par exemple ,qui tient le lieu pour l’instant si j’ai bien compris,de pré-étude de faisabilité . 

Je ressors de cette réunion avec trois questions fondamentales et tout de même ,oui ,déjà ,une opinion .

Trois questions tout d’abord : 

1)J’aimerais savoir pourquoi aucune association critique,voire hostile au projet n’ait été représentée aux tables-rondes et tout particulièrement à la première,celle qui touchait au fond de la question, à l’opportunité du projet.Cette table –ronde ne réunissait en effet que des personnes,non seulement entièrement favorable à celui-ci mais même porteurs du projet à des titres divers.A entendre les organisateurs,j’ai cru comprendre qu’elles avaient été invitées mais n’avaient pas accepté l’invitation ;par contre le site « nousTous.fr « semble dire à peu près le contraire.Qu’en est-il réellement ? Il est bien clair que l’absence d’une des deux opinions de base ans le panel de tableronde est choquante quand il s’agit d’un dialogue territorial organisé de façon démocratique ;il n’est pas normal que des association critiques ou hostiles ne se fassent entende , certes un peu bruyamment et de façon très didactique, qu’au moment des questions aux membres de la table – ronde alors que le public devrait pouvoir adresser ses questions tant aux porteurs du projet qu’à ceux qui s’y opposent puisqu’en effet il n’y a pas unanimité de départ mais bien débat ouvert au sein de la société landaise .
 

Dans le même ordre d’idée je lis que des associations de défense d’environnement devaient faire partie du comité consultatif de suivi ;or on ne les y voit pas ,la SEPANSO en particulier qui aurait quelques titres à y apparaitre ;quelle est la raison de cette non –conformité de la réalité avec l’intention affichée ? 

2)Bien qu’encore une fois,je n’ai pas lu le détail des études ,dont celle de la FFG, il me semble que n’apparait nullement parmi les documents projetés pendant la réunion, la question de l’attractivité des golfs de la Côte basque ;tout semble se passer comme si le département des Landes ,avec ses 5 golfs actuels,dont 4 dans notre zone côtière du sud ouest du département ,était un isolat et l’Adour , une frontière infranchissable .Tout au plus cet élément m’a-t-il paru être éventuellement intégré dans les rétractions successives des abonnements virtuels de résidents locaux mais je ne le vois guère dans l’appréciation du gisement des 38000 « green fees » ;intuitivement,je me demande si un bon nombre de résidents et estivants occasionnels de notre zone ne préfèreront toujours pas franchir l’Adour et tester les golfs basques,nombreux et souvent de grand prestige (sans compter les landais existants,dont Seignosse qui parait jouir d’une belle notoriété).Le complexe intégré de Tosse ferait-il la différence ? La question est à poser même si cela fait un peu mal à notre fierté gasconne …

 

3)en écoutant les élus,on comprend bien que leur préoccupation essentielle au moment de jauger l’offre de la FFG aura été l’impact sur l’emploi (et secondairement sur l’offre immobilière à prix modérés), ce qui est assez légitime .A plusieurs reprises a été cité l’impact du projet (150 emploi directs et 60 indirects, entre 200 et 300 globalement si j’ai bien écouté) sur les 31000 chômeurs recensés dans le département ; le maire de Soustons reconnaissant du reste que le rapport des deux chiffres (en gros 1% )était certes très modeste mais tout de même appréciable (s’agisssant d’emplois permanents ,non de ceux occasionnés par les années de chantiers ou d’emplois saisonniers). Curieusement ,bien que des membres d’associations critiques aient invoqué ,comme souvent en pareil cas , la nature supposée subalterne de ces emplois,aucun n’a posé la question de la proportion réellement locale des emplois recensés ;or quand on connait la politique de recrutement des grandes sociétés de service(hôtels, opérateurs de golf, restaurants,etc …) il est évident que pour les postes de management supérieur ou intermédiaire,ceux demandant une certaine technicité ou tout au moins une expérience fiable antérieure, ce ne sera pas dans le vivier local , en particulier celui des 31000 chômeurs –sauf exception- que ces groupes puiseront mais bien dans leur vivier existant , salariés de ces groupes dans d’autres régions ou candidats déjà repérés dans leurs carnets d’adresses .Sait-on (par référence à des cas analogues et par dialogue précis avec les opérateurs potentiels ) quelle proportion d’emplois serait effectivement proposés à des locaux ,sachant que dans l’état actuel de la législation du travail,il serait dans doute impossible aux collectivités locales d’imposer un quota obligatoire : 50 à 60% peut-être,donc environ une bonne centaine , a biste de nas ? On serait loin même des 1% envisagés … En ruminant ces chiffres (à comparer aux 70 emplois industriels de l’usine de chaussure Hirica de Tyrosse ou des 108 de la COMILEV également menacés d’après des éditions de Sud-Ouest de ces derniers jours ), on se dit que la préoccupation de l’emploi ne devrait pas nécessairement être première dans l’examen de cette affaire et que d’autres aspects,tant positifs que négatifs,seraient aussi à prendre en compte au même degré . 

 

Finalement,une opinion se fait jour pour moi :les élus de nos pays et ceux de M.A.C.S. comme les autres de nos zones périphériques et rurales,me paraissent quasiment paniqués devant la dilution,toujours accélérée depuis une vingtaine d’années, de notre tissus socio-économique ( on peut certes comprendre et partager cette panique). Ils semblent tous prêts à s’en remettre à toute planche de salut qui leur est proposée de l’extérieur :grands ou moyens projets,utiles ou inutiles .Au fond, pourquoi pas,pourrait-on penser, surtout si l’on trouve un montage qui ne mettrait pas trop en danger où l’argent public (il le sera toutefois toujours un peu ).Et si ce n’est pas un projet mais deux ou trois cents (je crois citer ici le maire de Soustons), ce ne sera que mieux ;statistiquement, on aurait plus de chance que quelque chose de bon en sorte,finalement .Et puis , le syndrome de la rivalité basco-landaise n’est pas loin : ce qu’a fait la côte basque,pourquoi ne pas le répliquer, e étendant vers le nord le modèle qui semble avoir réussi au sud ? Peut-être en effet, encore que les bassins de chalandise ont leur propre logique qui transcende les frontières départementales dont on sait bien ce qu’elles valent et seront appelées à valoir dans un assez proche avenir.De même qu’on n’installe pas deux hypermarchés à vingt kilomètres de distance, faut-il installer un nouveau golf près de tant d’autres ?Mais plus que cela, ne peut-on pas craindre que le modèle réel entrevu soit celui qui a transformé en 60 ans la côte provençale en une Côte d’Azur élargie sur une centaine de kilomètres avec son cortège de transformations sociales :de l’argent transfusé dans cette région, certes oui mais pas toujours des plus blancs :la corruption y est aussi endémique que les gigantesques incendies de forêt annuels et l’irrespect de l’environnement.Des emplois,certes oui mais souvent pourvus de l’extérieur : en deux générations ils ont totalement renouvelé la population ou presque .Qu’y reste –t-il de culture provençale, du bien-vivre et de la solidarité (de la mixité sociale aussi ) qui étaient les marqueurs forts de cette région ? Franchement , qui aurait ensuite de suivre cette voie,une fois les Trente glorieuses finies(et sans doute sans retour,une sortie de crise n’étant jamais le retour à la situation antérieure ? C’est peut-être facile à dire mais la voie à suivre n’est-elle pas plutôt dans les petits projets auto-centrés,générés par notre tissu social (ils sont moins visibles,plus modestes mais ils existent) ? Et à ne pas se résigner à la disparition des entreprises agricoles familiales .Passer de 220 à 20 aujourd’hui,sans succession perceptible pour la moitié d’entre elles à Soustons, on comprend la tristesse du maire mais ne peut-on réellement rien faire pour revitaliser la substance agricole d’un territoire d’abord rural avant d’être touristique ?

Alors ce golf de Tosse, ce ne serait sans doute pas une aventure infernale,bien sûr , vraisemblablement pas une réussite économique quand même mais est-ce le bon chemin ?